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https://www.cancilleria.gob.ar/es/actualidad/noticias/sobre-la-cuestion-malvinas-comunicado-oficial-de-la-republica-argentina

La República argentine rejette la caractérisation, par le Royaume-Uni, du recours de l'Argentine à l'arbitrage dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) comme une tentative de « saper » les droits de quiconque. Rien n'est plus éloigné de la réalité. Soumettre un différend à un tribunal international impartial est l'acte le plus responsable que puisse accomplir un État. C'est ainsi que les États attachés à l'état de droit règlent leurs différends : non par des actions unilatérales, mais devant des juges qui appliquent le droit que les deux parties ont librement accepté.

Le Royaume-Uni et l'Argentine sont des États parties à la CNUDM. En la ratifiant, tous deux ont accepté les procédures obligatoires aboutissant à des décisions obligatoires prévues dans sa partie XV, qui fait partie intégrante de la Convention. Il s'agit d'une obligation conventionnelle. Une fois encore, le recours de l'Argentine à l'arbitrage ne vise pas à « saper » les droits de qui que ce soit, mais à préserver les droits légitimes du peuple argentin sur ses ressources naturelles. Un État qui prétend s'approprier les droits que lui confère la Convention, mais traite ses dispositions relatives au règlement des différends comme un affront, n'honore pas la Convention : il cherche à imposer aux autres son interprétation — en l'occurrence dénuée de fondement — comme une vérité absolue.

La déclaration de la ministre britannique chargée des Territoires d'outre-mer, Uma Kumaran, affirme que les activités unilatérales d'hydrocarbures menées par le Royaume-Uni dans la zone en litige sont conduites « en pleine conformité avec le droit international, y compris la CNUDM ». Si le Royaume-Uni en est véritablement convaincu, il n'a rien à craindre d'un tribunal. L'Argentine a remis sa cause entre les mains d'arbitres indépendants, ainsi que la Convention l'y autorise. Le Royaume-Uni, tenu par la même Convention, aura pleinement l'occasion de démontrer ses affirmations devant eux. L'Argentine place toute sa confiance dans le tribunal arbitral et dans le Tribunal international du droit de la mer, qui statueront en toute indépendance. Ce sont eux qui se prononceront sur le fond de la position de chacune des Parties.

La communauté internationale reconnaît depuis des décennies l'existence d'un différend de souveraineté au sujet des îles Malvinas, de Géorgie du Sud et Sandwich du Sud et des espaces maritimes environnants. La résolution 2065 (XX) de l'Assemblée générale des Nations Unies a invité les gouvernements de la République argentine et du Royaume-Uni à poursuivre sans délai les négociations afin de trouver une solution pacifique au différend. La résolution 31/49 a prié instamment les deux parties de s'abstenir de prendre des décisions impliquant l'introduction de modifications unilatérales de la situation tant que ce processus demeurerait ouvert. L'exploration et l'exploitation unilatérales de ressources naturelles non renouvelables dans la zone en litige constituent précisément une modification unilatérale de ce type. L'Argentine a soulevé cette question de manière constante par la voie diplomatique et, face au refus persistant du Royaume-Uni de négocier, elle le fait désormais par les voies juridiques que prévoit la Convention elle-même.

La République argentine rejette la manipulation du principe de libre détermination des peuples que le Royaume-Uni prétend lui imposer et que les Nations Unies n'ont pas appliqué aux habitants actuels des îles. L'engagement de l'Argentine à respecter leur mode de vie, consacré par la première disposition transitoire de la Constitution nationale, n'est pas en cause.

Nous déplorons également l'insinuation selon laquelle le recours de l'Argentine à une procédure légitime remettrait en question sa fiabilité en tant que partenaire. La fiabilité se mesure à la fidélité aux engagements souscrits. L'Argentine agit en pleine conformité avec un traité auquel les deux États sont parties et avec le principe fondamental du règlement pacifique des différends.
On peut se demander quelle conduite reflète le mieux un engagement international responsable : recourir à un tribunal international ou discréditer un mécanisme auquel les deux États sont tenus.

La République argentine réaffirme sa disposition permanente à reprendre les négociations bilatérales sur la question des îles Malvinas, comme l'ont demandé à maintes reprises les Nations Unies. Dans l'intervalle, nous continuerons de défendre nos droits par les seuls moyens dignes d'une nation attachée à la paix : le dialogue, la diplomatie et le droit international.